Obock. Sur les traces de Rimbaud et Soleillet en Afrique

Pour un esprit curieux, le nom d’Obock évoque les premiers contacts européens avec la Corne de l’Afrique, les débuts de la colonisation de la Côte française des Somalis et les rocambolesques aventures d’Henry de Monfreid en mer Rouge. Fasciné par cette réputation formidable et, comme le signale Hugues Fontaine, par une mystérieuse gravure de 1891 chinée voilà près de quarante ans, Jean-Jacques Salgon a souhaité rendre hommage à ces terres lointaines.

Physicien, voyageur et écrivain, l’auteur de 07 et autres récits nous livre ici un ouvrage résumé en ces termes :

Il y a des noms de villes qui semblent condenser tout le pouvoir attractif d’un lieu, toute la mythologie sur quoi se fonde notre désir de voyager. Ainsi Tombouctou, Zanzibar, Vancouver ou Valparaiso…

C’est le nom d’Obock, celui d’une ancienne colonie française devenue aujourd’hui port de la République de Djibouti, qui est à l’origine de ce récit et du voyage que Jean-Jacques Salgon entreprend en février 2016 pour, selon ses mots, aller « visiter ce qui n’existe plus ». Que Rimbaud et l’explorateur nîmois Paul Soleillet s’y soient un jour croisés, aient pu s’y entretenir de leurs projets commerciaux et des périls encourus sur les pistes qui conduisaient leurs caravanes vers le royaume du Choa, que leur vie aventureuse ait trouvé, sous ces climats hostiles, chacune à sa façon, sa fin précoce, voilà qui donne un relief particulier aux évocations dont ce livre est tissé.

Une exploration méthodique de la vie de Soleillet, infiniment moins connue que celle de Rimbaud (alors qu’une situation inverse prévalait de leur vivant), constitue le fil d’Ariane qui nous guide vers ces contrées éloignées à la fois dans l’espace et le temps. Pour les deux trafiquants, l’Abyssinie fut un rêve, un rêve commercial, obstiné, dévorant. C’est vers ce rêve « où filtraient les élans d’une véritable passion géographique » que ce livre nous entraîne.

Publié chez Verdier il y a quelques jours, ce récit nous entraîne ainsi dans les traces d’Arthur Rimbaud et de Paul Soleillet, à la découverte du pays afar et de l’antique royaume du Choa. Ce n’est certes pas la première fois qu’un scientifique écrit avec brio sur la Corne de l’Afrique : d’autres ouvrages et d’autres noms ont été évoqués ici même, il y a tout juste quelques mois. À n’en pas douter, celui-ci ravira de nouveau l’amateur d’histoire et d’aventures exotiques qui sommeille en chacun de nous.

Nous remercions vivement Alain Pouillart d’avoir attiré notre attention sur cet ouvrage.


Pour citer cet ouvrage :

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